Le bitcoin a atteint un nouveau record, à plus de 110 000 dollars, en mai. Il suscite de plus en plus la convoitise, à tel point que les rapts de grandes figures de l’écosystème, ou de leurs proches, se sont multipliés, avec des demandes de rançon en actifs numériques. Pourquoi un tel niveau de valorisation ?
Nul ne sait quand la hausse s’arrêtera
La force du bitcoin, apparu en 2009, est de reposer sur un livre de comptes « décentralisé », c’est-à-dire enregistré sur de nombreux ordinateurs à travers le monde. Ce registre se met à jour de façon automatique, et il a la particularité d’être inaltérable : il faudrait une puissance de calcul actuellement inatteignable pour le falsifier. Pour certains, le bitcoin peut donc être assimilé à de l’« or numérique ». Il a d’ailleurs récemment dépassé le cours au kilo du métal précieux.
Un autre élément entretient la hausse : sa production limitée. « Le bitcoin se distingue par sa rareté absolue, explique Alexandre Stachtchenko, directeur de la stratégie chez Paymium, une plate-forme d’échange de cryptomonnaies. Le nombre de bitcoins créés ne pourra jamais dépasser 21 millions d’unités. » Il atteindra ainsi sa quantité définitive au siècle prochain, avec une émission qui diminue au fil du temps. Résultat : si le nombre d’acheteurs continue à augmenter, le prix progressera en proportion. Mais nul ne sait quand le sommet sera atteint. Par ailleurs, à long terme, l’évolution du bitcoin montre qu’il suffit d’attendre cinq ans pour revendre en plus-value. Cette règle n’a jusqu’ici connu qu’une exception de quelques mois, entre 2022 et 2023. Pour autant, rien ne permet de prédire qu’elle continuera à s’appliquer.
En direct ou via des ETP
Pour Nicolas Louvet, P-DG du courtier Coinhouse, « il est encore temps d’investir, notamment en faisant du ‘dollar cost averaging’ (DCA), c’est-à-dire en investissant régulièrement ». Le DCA consiste à acheter chaque semaine ou chaque mois une même quantité, souvent peu élevée. Cela permet d’obtenir un prix moyen d’acquisition généralement gagnant sur le moyen-long terme. Vous pouvez, par exemple, acheter des fractions de bitcoins (satoshis) pour moins d’un centime. Pour investir en direct, il suffit de créer un compte sur une plateforme telle que Bitpanda, Coinbase, Coinhouse, Deblock, Deskoin, Paymium ou encore StackinSat. Toutes sont enregistrées auprès de l’Autorité des marchés financiers. Un sésame indispensable, car les arnaques sont nombreuses.
Vous pouvez aussi acheter des ETP, ou « exchange-traded products », comme celui lancé récemment par BlackRock, l’iShares Bitcoin ETP. Ces produits sont adossés au bitcoin et en reproduisent la performance. L’avantage ? Une plus grande simplicité : vous pouvez les loger dans votre compte-titres boursier comme un ETF et, fiscalement, vous serez imposé au prélèvement forfaitaire unique de 30 % sur les gains à la revente, comme n’importe quel placement financier. Quelle que soit l’option choisie, gardez en tête que le bitcoin demeure un actif à risque de perte totale en capital et qu’il requiert d’avoir le coeur bien accroché, car les secousses n’ont souvent rien à envier aux montagnes russes !
