Le gouvernement ivoirien a réaffirmé sa volonté de jouer un rôle moteur dans le développement de la finance verte, à l’occasion d’une table ronde organisée ce jeudi à Abidjan-Plateau. L’événement, placé sous le thème « La finance verte en action : catalyser le développement durable de la Côte d’Ivoire », a été initié par le Programme de développement du secteur financier (Pdesfi), en collaboration avec la Banque mondiale et avec le soutien du Programme d’amélioration de la gouvernance pour la délivrance des services de base aux citoyens (Pagds).
Cette rencontre a réuni plusieurs acteurs du secteur financier, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des représentants d’institutions publiques et privées, afin d’échanger sur les opportunités offertes par la finance verte pour soutenir une croissance durable et résiliente.
Représentant le ministre des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, le chef de cabinet Diomandé Gondo a ouvert la rencontre en réaffirmant la détermination de l’État à promouvoir une finance verte et durable. Il a souligné que, dans un contexte mondial marqué par les défis environnementaux et climatiques, la finance verte s’impose comme un levier stratégique pour mobiliser des capitaux et soutenir la transition vers une économie plus respectueuse de l’environnement.
« Le gouvernement reste pleinement engagé à créer un cadre réglementaire incitatif et cohérent avec les objectifs de développement durable, afin de favoriser l’essor de la finance durable », a déclaré M. Gondo.
Selon lui, la Côte d’Ivoire dispose d’atouts majeurs, notamment un secteur financier solide et une stabilité macroéconomique, qui peuvent attirer des investissements responsables et durables.
Saidou Diop, spécialiste principal en gouvernance à la Banque mondiale, a salué les avancées de la Côte d’Ivoire en matière de finance innovante. Il a particulièrement souligné la publication récente du cadre national de financement lié au développement durable, un jalon important qui positionne le pays comme un acteur pionnier sur le continent africain.
Il a également rappelé l’ampleur des besoins de financement pour répondre aux enjeux climatiques : « La Côte d’Ivoire doit mobiliser plus de 22 milliards de dollars, soit environ 12 000 milliards de francs CFA, d’ici à 2030 pour faire face aux exigences de la transition écologique. »
Samuel Kouadio, secrétaire exécutif par intérim du Pdesfi, a insisté sur le rôle central de la finance verte dans la réalisation des engagements climatiques nationaux, tout en soulignant son impact positif sur le bien-être des populations.
De son côté, Bertin Akrou, coordinateur adjoint du Pagds, a mis en lumière les actions déjà entreprises par ce programme, notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation et des services publics. Il a rappelé que le Pagds, adossé au ministère des Finances, vise à améliorer la gouvernance et à renforcer l’efficacité de la délivrance des services essentiels.
Cette table ronde marque une étape importante dans la stratégie de la Côte d’Ivoire pour faire de la finance verte un pilier du développement durable. Elle ouvre la voie à un renforcement des capacités des acteurs nationaux, à une mobilisation accrue des financements climatiques et à une meilleure intégration des enjeux environnementaux dans les politiques économiques.
Le gouvernement, en collaboration avec ses partenaires, entend poursuivre sur cette lancée afin de faire de la finance verte un moteur de transformation économique et sociale pour le pays.