Dans la soirée du 2 au 3 juillet 2024 à Saint-Pierre-du-Chemin en Vendée, un homme de 59 ans d’origine réunionnaise s’est rendu au domicile de sa fille, où son ex-conjointe est hébergée. Sous l’emprise de l’alcool, il a menacé la mère de son enfant de mettre le feu à sa maison s’il était contraint de quitter les lieux. « J’ai vu un bidon d’essence sur le siège passager, mais il était vide », a témoigné la conjointe lors de l’enregistrement de sa plainte.
Jeudi 27 mars 2025, le Réunionnais a été jugé par le tribunal de La Roche-sur-Yon, pour des faits de menaces de destruction à deux reprises. Pas surprise de n’apercevoir personne à la barre, la présidente du tribunal a lu une lettre du prévenu expliquant les raisons pour lesquels il ne pouvait pas se rendre à son procès : « Je suis retourné à La Réunion, je suis sans domicile fixe et n’ai pas les moyens financiers de faire l’aller-retour. » Avant d’ajouter qu’il « souffre d’un cancer du côlon ». La victime, ne sachant pas si son ex-conjointe allait être présente, n’a pas souhaité de rendre à l’audience.
« C’est lui qui met la pagaille »
Déjà condamnée en 2006 pour conduite en état d’ivresse, sa compagne de l’époque a indiqué un problème d’alcool depuis plusieurs années déjà. Alors qu’ils étaient encore en couple, mais qu’il y avait déjà de l’eau dans le gaz en 2021, la victime a acheté sa maison seule, qui est devenue le domicile conjugal. « Il me réveillait la nuit pour m’engueuler », avait témoigné la victime décrivant une « relation toxique et pesante ».
Lors de la séparation, elle a demandé à son conjoint de quitter les lieux. Ivre après « avoir consommé du rosé », il l’avait menacée : « Il ne voulait pas être mis à la porte sinon il mettrait le feu et casserait les murs de la maison avec un marteau. »
Lors de son interrogatoire, le prévenu avait justifié son attitude par un sentiment d’injustice. « J’ai financé une partie des travaux » de la maison. Alors, pendant six mois, monsieur n’a pas quitté le domicile de son ex-compagne, obligeant la propriétaire à louer un studio en attendant que monsieur se soit décidé à partir. Une situation précaire « qui a duré six mois », d’après l’avocate de la victime, qui demande le remboursement de ces mois de loyers payés.
Six mois de sursis
La procureure a demandé d’entrer en voie de condamnation et a requis six mois de prison avec sursis. Faute de contradictoire, le tribunal a suivi ces réquisitions à la lettre et a reconnu le quinquagénaire coupable. Il est condamné à six mois de sursis et 800 euros de dommages et intérêts. En revanche, la demande de remboursement des loyers a été rejetée.
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