Ahmed Tahiri Jouti est un homme aux multiples casquettes. Il est aujourd’hui managing partner de Green for South (cabinet spécialisé dans le conseil en finance durable, verte et participative), fondateur de NeuronAIze (startup spécialisée en IA), formateur au Bahrain Institute of Banking and Finance, et professeur vacataire à l’Université Internationale de Rabat (UIR). S’impliquer dans des projets variés lui permet de croiser plusieurs univers : finance participative, finance durable et intelligence artificielle. « On ne peut plus parler aujourd’hui de finance participative sans y intégrer la transformation numérique et l’IA », soutient-il.
Apprendre à désapprendre
C’est ce travail de réflexion sur les intersections entre finance islamique et intelligence artificielle qui rend son apport précieux aux organismes financiers qu’il accompagne. Pour lui, la question n’est plus de savoir si l’IA impactera la finance participative, mais comment en encadrer l’usage pour rester fidèle à ses principes. Une approche nourrie d’une posture critique : « Il faut savoir désapprendre pour mieux réapprendre. » Il a d’ailleurs publié cette année un ouvrage économique faisant écho à cette idée, intitulé Unlocking Economic Development. The Unlearning Process of Nations. Il est aussi l’auteur de Financial Instruments and Cash Waqf et de The Fourth Market Theory. Ahmed Tahiri Jouti travaille actuellement à la rédaction d’un quatrième ouvrage.
Croire d’abord, convaincre ensuite
Alors que la finance participative n’en était qu’à ses balbutiements au Maroc en 2012, il fait le choix de s’y engager. À l’époque, « beaucoup voyaient dans la finance participative un secteur incertain. Moi, j’y ai vu une opportunité. Il ne faut pas attendre que le potentiel existe, il faut contribuer à le faire émerger », explique-t-il. Depuis, il a accompagné plusieurs établissements bancaires et financiers dans leurs projets liés à la finance participative, tout en contribuant à des études académiques et à la publication d’articles dans la presse spécialisée. Il a notamment été membre de l’équipe projet de la finance islamique à la Société Générale Maroc en 2013, directeur général d’Al Maali Consulting Group de 2020 à 2022, et rédacteur en chef adjoint du ISRA International Journal of Islamic Finance depuis 2019.
Triptyque
Le parcours de Dr. Ahmed Tahiri Jouti repose sur un triptyque : la recherche, la pratique et la formation. Pour lui, il est essentiel d’allier les trois. « La connaissance pratique que j’ai acquise en couvrant différents sujets dans le secteur financier, combinée à la recherche, m’a permis de développer une expertise pointue en finance participative », souligne-t-il. Après un DESA en finance, un doctorat en économie et finance, et plusieurs années dans l’audit bancaire, Ahmed Tahiri Jouti a construit une expertise transversale. « Ma carrière repose sur trois piliers : la rigueur académique, l’expérience de terrain et la transmission. Chacun nourrit les deux autres », résume-t-il.