Au cours du week-end, une vague d’excitation s’est propagée sur les réseaux sociaux, avec des influenceurs et des partisans du Bitcoin affirmant que le Fonds Monétaire International (FMI) avait officiellement reconnu le Bitcoin comme « de l’or numérique ». Ces déclarations étaient le résultat d’une mauvaise interprétation du Manuel des balances des paiements (BPM7) récemment mis à jour par le FMI, qui décrit la manière dont les actifs numériques doivent être suivis dans les comptes financiers internationaux.
La confusion a commencé lorsque des publications sur X (anciennement Twitter) ont affirmé que le FMI avait formellement étiqueté le Bitcoin comme « de l’or numérique », un statut traditionnellement réservé aux métaux précieux comme l’or. Des personnalités influentes, y compris le défenseur du Bitcoin Max Keiser, ont alimenté la spéculation, suggérant que la reconnaissance du Bitcoin par le FMI comme « de l’or numérique » marquait un tournant pour la cryptomonnaie. Keiser a même insinué que le Bitcoin serait bientôt inclus dans le panier des Droits de Tirage Spéciaux (DTS) du FMI, aux côtés des actifs traditionnels comme l’or et le dollar américain.
Cependant, un examen plus attentif du rapport de 1 076 pages du FMI révèle que ces affirmations reposent sur une mauvaise interprétation du document. Dennis Porter, PDG et cofondateur du Satoshi Act Fund, est intervenu sur les réseaux sociaux pour clarifier le malentendu. Selon Porter, la spéculation provenait d’une ligne dans le rapport faisant référence à des « nouveaux actifs numériques conçus pour être utilisés comme moyen de paiement ou comme réserve de valeur ». Porter a souligné qu’il s’agissait d’une « extrapolation massive » d’interpréter cette phrase comme une approbation par le FMI du Bitcoin en tant qu’« or numérique ».
En réalité, le rapport du FMI ne fait aucune telle approbation. Le document décrit le Bitcoin et d’autres actifs numériques comme des « actifs non produits non financiers », une catégorie qui les place dans la même classification que les matières premières ou la propriété, plutôt que les métaux précieux. Cette catégorisation est importante car elle suggère que le Bitcoin, contrairement aux monnaies traditionnelles, ne sert pas de réserve monétaire officielle.
Le rapport du FMI précise également que le Bitcoin est fongible et peut être divisé en morceaux égaux, soulignant son statut de moyen d’échange plutôt que de réserve de valeur comme l’or. En fait, le Bitcoin est répertorié aux côtés d’autres actifs numériques, tels que les stablecoins et les tokens non fongibles (NFT), pour mettre en évidence comment ces actifs doivent être enregistrés et suivis dans les comptes internationaux.
Bien que le rapport du FMI reconnaisse le rôle croissant des cryptomonnaies dans la finance mondiale, il ne suggère pas que le Bitcoin soit « de l’or numérique » ou que le FMI l’ajoutera à ses réserves. Le manuel met plutôt l’accent sur la nécessité de suivre les transactions transfrontalières en crypto-monnaies avec une plus grande précision et des détails supplémentaires. Cela reflète une reconnaissance plus large de l’importance des cryptomonnaies dans l’économie mondiale, mais cela ne fait pas du Bitcoin un métal précieux ou un actif de réserve pour les banques centrales.
En conclusion, le FMI n’a pas étiqueté le Bitcoin comme « de l’or numérique », et l’excitation générée par les publications sur les réseaux sociaux semble être basée sur un malentendu. Les nouvelles lignes directrices du FMI offrent une vue plus nuancée des cryptomonnaies, reconnaissant leur rôle dans la finance mondiale, mais clarifiant qu’elles ne sont pas équivalentes aux réserves monétaires traditionnelles comme l’or. Le rôle du Bitcoin dans le système financier mondial continue d’évoluer, mais pour l’instant, il reste un actif non financier plutôt qu’une nouvelle forme d’or.
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